Créer une SASU en 2026 : guide complet

Comment créer une SASU en 2026 : statuts, capital, immatriculation, régime fiscal et social. Le guide pas-à-pas pour se lancer sans erreur.

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Créer une SASU en 2026 : guide complet

Créer une SASU en 2026 prend entre 7 et 15 jours et coûte moins de 300 € si vous gérez la procédure vous-même. C’est la forme juridique la plus choisie par les entrepreneurs solo : responsabilité limitée, flexibilité maximale sur la rémunération, image professionnelle. Ce guide couvre les 6 étapes, le budget réel et les décisions clés à ne pas rater.

Pourquoi la SASU s’est imposée comme référence

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) dépasse l’EURL depuis 2019 en nombre de créations annuelles. Pas un hasard.

Flexibilité maximale : Les statuts d’une SASU sont librement rédigés. Vous choisissez votre mode de gouvernance, vos règles de fonctionnement, votre politique de rémunération.

Optimisation salaire/dividendes : Le président de SASU est assimilé-salarié. Ses dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales (contrairement aux gérants majoritaires de SARL), ce qui crée une vraie latitude d’optimisation. Concrètement, un dividende de 30 000 € dans une SASU subit la flat tax à 30 % ; dans une SARL avec gérant majoritaire, il subit aussi des cotisations TNS sur la fraction dépassant 10 % du capital.

Responsabilité limitée : Votre patrimoine personnel est protégé sauf faute de gestion grave.

Image professionnelle : Face à des clients grands comptes ou partenaires institutionnels, la SASU est mieux perçue que l’auto-entreprise ou l’EI.

La question du statut juridique est intimement liée à votre stratégie fiscale — notre guide sur la fiscalité de l’entrepreneur détaille les comparaisons IS/IR applicables à la SASU.

Étape 1 : fixer le capital social

Le capital minimum d’une SASU est d’1 euro. En pratique, un capital cohérent avec votre activité évite les signaux négatifs auprès des banques et fournisseurs :

Type d’activitéCapital recommandé
Consultant / prestataire de services1 000 à 5 000 €
Activité commerciale5 000 à 20 000 €
Startup en recherche de financement10 000 € minimum
E-commerce avec stock5 000 à 15 000 €

Le capital peut être apporté en numéraire (virement bancaire) ou en nature (équipements, brevets, fonds de commerce). Pour les apports en numéraire, seule la moitié doit être libérée à la création — l’autre moitié dans les 5 ans.

Étape 2 : rédiger les statuts

Les statuts sont le document fondateur. Ils définissent la dénomination sociale, l’objet social, le siège, le capital, les règles de direction et les modalités de décision unilatérale du président.

L’objet social : soyez large

Un objet social trop restrictif oblige à modifier les statuts si votre activité évolue — une procédure qui coûte 200 à 400 €. Préférez : “Toutes activités de conseil, prestation de services, développement logiciel et activités connexes et complémentaires” plutôt que “Développement d’applications mobiles iOS”.

Rédaction des statuts : trois options

  1. Modèle gratuit + relecture expert-comptable : 150 à 300 € — la meilleure option pour les activités standard
  2. Legaltech (Legalstart, Captain Contrat) : 150 à 500 € tout compris, adapté aux cas simples
  3. Avocat : 800 à 2 000 €, justifié pour des montages avec associés ou clauses spécifiques

Étape 3 : déposer le capital en banque

Avant l’immatriculation, le capital doit être déposé sur un compte bancaire bloqué ouvert au nom de la société en formation. Les banques en ligne professionnelles (Shine, Qonto, Blank) proposent ce service gratuitement avec un délai d’obtention du certificat de 24 à 48h.

Documents nécessaires :

  • Projet de statuts signé
  • Pièce d’identité du président
  • Justificatif de domicile

Astuce : Shine et Qonto proposent également le compte courant professionnel post-création. Préparer les deux en simultané évite une deuxième démarche.

Étape 4 : publier l’annonce légale

La publication d’un avis de constitution dans un Journal d’Annonces Légales (JAL) habilité est obligatoire. Depuis 2023, les JAL en ligne habilités proposent ce service entre 130 et 180 € selon le département.

L’annonce doit mentionner : dénomination, forme juridique, capital, siège, objet social, nom du président, durée de la société.

Étape 5 : immatriculer sur le Guichet Unique

Depuis janvier 2023, toutes les formalités de création se font sur le Guichet Unique (guichet-entreprises.fr). La procédure est entièrement dématérialisée.

Documents à fournir :

  • Statuts signés (PDF)
  • Attestation de dépôt du capital
  • Attestation de parution de l’annonce légale
  • Pièce d’identité du président
  • Déclaration de non-condamnation et de filiation
  • Justificatif du siège social (bail, domiciliation, attestation propriétaire)

Délai : 3 à 7 jours ouvrés. Vous recevrez votre extrait Kbis — la “carte d’identité” officielle de votre société.

Étape 6 : choisir le régime fiscal

À la création, la SASU est automatiquement soumise à l’IS (Impôt sur les Sociétés) — c’est généralement le choix optimal pour une société qui réinvestit ses bénéfices ou cherche à optimiser le ratio salaire/dividendes.

Vous pouvez opter pour l’IR pendant les 5 premières années (option révocable). Cette option est pertinente si vous anticipez des déficits importants en lancement et souhaitez les imputer sur votre revenu global. Au-delà de 30 000 € de bénéfice annuel, l’IS redevient quasi systématiquement plus avantageux.

Budget de création d’une SASU en 2026

PosteCoût estimé
Rédaction des statuts (modèle + relecture)0 à 500 €
Dépôt du capital bancaire0 à 50 € (banques en ligne : 0 €)
Annonce légale130 à 180 €
Frais d’immatriculation (Guichet Unique)0 €
Total130 à 730 €

Pour les entrepreneurs qui passent par une legaltech, le coût tout compris (statuts + annonce + guichet) varie entre 300 et 600 €.

Après la création : les cinq premières démarches

1. Ouvrir le compte courant professionnel (distinct du compte de dépôt de capital) — obligatoire dès la création pour toutes les transactions de la société.

2. Souscrire la RC Professionnelle — c’est la première assurance professionnelle à mettre en place, avant même le premier contrat signé. Certains clients grands comptes l’exigent contractuellement.

3. Mettre en place la comptabilité — expert-comptable (150-300 €/mois) ou logiciel (Pennylane, Georges, Axonaut) si vous avez les bases. La comptabilité d’une SASU est obligatoirement en partie double.

4. Paramétrer la fiche de paie du dirigeant — le président assimilé-salarié doit produire des bulletins de paie même s’il est seul. Un logiciel de paie (Payfit, Silae) ou l’expert-comptable gère cela.

5. Déclarer la TVA — si votre CA dépasse les seuils de franchise (36 800 € en prestation de services, 91 900 € en vente de biens en 2026), vous êtes soumis à la TVA. L’option volontaire avant ces seuils est souvent avantageuse pour récupérer la TVA sur vos achats.

SASU ou EURL : le comparatif rapide

CritèreSASUEURL
DirigeantAssimilé-salarié (Sécu)TNS (SSI)
Charges sociales dirigeant~75 % du net versé~45 % du net versé
DividendesFlat tax 30 %Cotisations TNS si >10 % capital
Transformation futureEn SAS facilementEn SARL ou SAS plus complexe
Idéal pourOptimisation fiscale, financementCoût de fonctionnement réduit

Le régime TNS de l’EURL coûte moins cher en charges sociales mais offre une protection sociale moindre (retraite, chômage inexistant). Pour la plupart des entrepreneurs qui visent une croissance et une optimisation patrimonialement, la SASU reste le choix dominant.

Construire la suite : business plan et financement

La SASU créée, l’étape suivante est de formaliser votre business plan si vous cherchez des financements externes (prêt bancaire, investisseurs, BPI). Un business plan structuré autour des 7 éléments clés augmente significativement vos chances d’obtenir un financement dans les 6 premiers mois d’activité.

Si votre activité est orientée e-commerce, la SASU est également la structure de référence pour les entrepreneurs qui vendent sur une marketplace ou développent leur propre boutique.